L’importance économique

Le commerce international n’est pas le seul intérêt des Inuits lorsqu’ils chassent, mais ils en tirent tout de même parti. La chasse n’est ni un passetemps ni un luxe; pour bon nombre de gens, c’est une nécessité. Depuis des milliers d’années, les Inuits dépendent d’espèces comme le caribou, le phoque annelé et l’ours blanc pour leur subsistance. Même dans l’économie actuelle basée sur les revenus, la chasse est une solution essentielle et relativement peu couteuse qui remplace certains achats, ainsi qu’une source de revenus indispensable.

En plus de la chasse de subsistance, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest permettent aussi la chasse guidée. Avant que l’ours blanc ne soit inscrit en 2008 à l’Endangered Species Act (loi sur les espèces menacées) des États-Unis, les recettes provenant de la chasse guidée au Nunavut étaient de l’ordre de 1,5 à 2 millions de dollars par an. Le nombre d’expéditions de chasse sportive a diminué, entrainant dans sa chute le montant des recettes. Aujourd’hui, la chasse sportive de l’ours blanc au Nunavut génère environ 700 000 dollars par an. En moyenne, une personne dépense environ 25 000 à 30 000 dollars pour une expédition de chasse sportive à l’ours blanc. Les recettes qui en sont tirées sont réparties entre le guide inuit qui mène l’expédition et son équipe, le propriétaire de l’attelage et la personne qui nettoie la peau. Il convient de préciser que chaque ours tué durant une expédition de chasse guidée est compté dans les quotas, et que la viande est distribuée aux résidents.

Les Inuits réinvestissent généralement ces recettes, ou l’argent tiré de la vente d’une peau d’ours blanc, dans l’achat d’équipement de chasse, de matériel (gaz, réparation de motoneige) et de nombreuses fournitures qui leur permettent de continuer à chasser pour vivre. Une seule expédition de chasse sportive peut couvrir une bonne partie des dépenses annuelles d’une famille nunavummiute : nourriture, vêtements et services publics. Par conséquent, bien que l’ours blanc joue un rôle essentiel dans la vie culturelle et sociale des communautés nunavoises, il représente également une source de revenus indispensable dans cette région du Canada qui n’offre guère de solutions économiques durables.

Si l’on mettait fin à la chasse sportive et au commerce des peaux d’ours blancs, on supprimerait une source de revenus pour la région canadienne qui en a le plus besoin, sans pour autant changer la gestion de l’espèce, ni le nombre d’ours récoltés par les Inuits.